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La fièvre du football s'empare de Zagreb |
ZAGREB, 8 juillet, 1998 - (Reuters)
Le conte de fées de la Croatie en Coupe du monde a provoqué une
brusque poussée de fièvre "footballistique" dans les rues de Zagreb.
"Suker ou Boban ?" demande un père à son fils de 10 ans, haut comme trois pommes. "Suker",
répond sans hésitation le gamin devant une vitrine exposant les maillots, taille enfant, des joueurs
vedette de l'équipe à damiers rouges.
Le papa, sans aucune hésitation lui aussi, entre dans la boutique de souvenirs, verse les 120 kuna
(20 dollars) avant de ressortir fièrement: les deux, père et fils, sont désormais prêts pour la "mère
de toutes les rencontres", la demi-finale France-Croatie.
Comme tous leurs concitoyens, ils se préparent à vivre une autre journée historique pour cette
petite nation de 4,7 millions d'habitants, quatre jours après la victoire retentissante contre
l'Allemagne en quart de finale.
"On s'attend à des embouteillages monstre ce soir, le chaos organisé", lance Kresimir Kudaic,
barman au café Melin, un des cafés du quartier "tendance" de la capitale croate.
Sur la vieille rue Tkalciceva s'alignent une douzaine de pubs qui, tous sans exception, organisent
une soirée football.
"Il va y avoir à peu près 120 personnes entassées ici", ajoute le serveur en montrant une petite
pièce mal fagotée dominée par un énorme écran blanc de trois mètres sur deux.
Cafés, rues, la fête sera partout et les autorités municipales ont décidé de remplacer les transports
collectifs habituels par les vieux trams ; lors des célébrations du succès contre l'Allemagne, les
véhicules publics avaient été endommagés pour un coût d'environ 10.000 dollars.
Rupture de stocks
Les ventes de téléviseurs ont augmenté - Davor Kujundzic, du magasin Inem Electronic, chiffre
la hausse à 10 ou 15% depuis le début du tournoi - de même que celles de tout objet affublé du
logo à damiers rouges.
Un magasin de sports qui vend la marque officielle de l'équipe, Lotto, est en rupture de stock sur
tous ses articles: casquettes, tee-shirts, chaussettes, écharpes.
"Je n'obtiens plus assez du fabricant. Nous en avions encore hier, mais tout est parti en moins
d'une journée", se désespère le gérant, Zvonimir Marusic.
Lotto, une marque italienne, a été pris par surprise par le succès inattendu des Croates, qualifiés
pour la demi-finale dès leur première participation à une Coupe du monde, et le marché noir a
pris le relais.
Même si le maillot original de l'équipe coûte 450 kuna (70 dollars), soit près du cinquième du
salaire moyen mensuel, beaucoup n'hésitent pas à s'offrir davantage que le strict minimum, note
Marusic.
Mais les vendeurs espèrent aussi que les couleurs de l'équipe nationale seront appréciées bien
après la fin de la manifestation sportive.
"Maintenant que nous sommes dans le dernier carré, peut-être que ce sera une habitude d'acheter
un maillot de l'équipe comme cadeau", déclare Robert Banovac, directeur d'un magasin de
souvenirs.
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