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Quarts de Finale
Allemagne-Croatie
La Croatie réussit l'exploit face à l'Allemagne
LYON, 4 juillet, 1998 - (Reuters)

La Croatie a crée la première grande surprise de la Coupe du monde en se qualifiant pour les demi-finales aux dépens de l'Allemagne, battue 3-0 à Gerland après avoir été réduite à dix pendant toute la deuxième mi-temps.

Pour leur première participation à une phase finale de Coupe du monde, les Croates accèdent au dernier carré, dont ils seront l'invité surprise. Ils affronteront la France mercredi au Stade de France.

Malgré les coups de patte des talentueux attaquants croates, la rencontre a été techniquement décevante et ponctuée d'un nombre incalculable de fautes.

Les triples champions du monde et champions d'Europe en titre, qui disputaient leur onzième quart de finale de Coupe du monde sous les yeux du chancelier Helmut Kohl, ont joué à dix pendant toute la deuxième mi-temps après l'expulsion de Christian Wörns.

C'est la première fois que l'Allemagne s'incline par un tel score en Coupe du monde depuis sa défaite 6-3 face à la France lors de la petite finale de 1958 en Suède.

Battus par ces mêmes Allemands en quart de finale de l'Euro96 (2-1), les hommes de Miroslav Blazevic ont pris une belle revanche.

S'ils ont été dominés tout au long de la première mi-temps par une formation plus entreprenante qu'elle ne l'avait été au cours de ses précédentes sorties dans ce Mondial, les Croates ont éprouvé toutes les peines du monde, malgré la netteté du score, à venir à bout d'une équipe qui n'a jamais baissé les bras.

L'expulsion de Wörns

Le tournant du match a été l'expulsion de Christian Wörns à cinq minutes de la pause. Le futur défenseur du PSG a commis une véritable aggression sur Davor Suker et l'arbitre norvégien Rune Pedersen n'a pas hésité une seconde à brandir un carton rouge.

Les Croates profitaient immédiatement de leur supériorité numérique et de la désorganisation de leurs adversaires.

A quelques secondes de la mi-temps, l'ancien international yougoslave et milieu de terrain du Betis de Séville Robert Jarni ouvrait la marque d'une frappe croisée puissante du droit qui ne laissait aucune chance à Andreas Köpke.

A dix minutes du coup de sifflet final, Goran Vlaovic anéantissait définitivement les espoirs allemands en trompant le portier marseillais d'une frappe sèche de l'extérieur du pied droit.

Enfin, Davor Suker enfonçait le clou à la 85e minute sur un tir à ras de terre entre le jambes de Köpke.

Auteurs de deux belles remontées contre la Yougoslavie et le Mexique, les champions d'Europe n'ont jamais réussi à surmonter le handicap de jouer à dix.

Le duo d'attaquants composé de Jürgen Klinsmann et d'Oliver Bierhoff avait sauvé jusqu'ici la mise d'une Mannschaft décevante. Les canonniers de Berti Vogts n'ont cette fois pas fait parler la poudre.



Quarts de Finale
Allemagne-Croatie
La Croatie réussit l'exploit face à l'Allemagne


Aliocha Asanovic (Croatie): "Les Français (NDLR: adversaires de la Croatie en demi-finale) seront les favoris. Ils ont la meilleure équipe du monde, avec des joueurs c

omme Zidane, Dugarry, Blanc... Mais tout est possible maintenant." Davor Suker (auteur du troisième but croate): "Je n'ai pas trouvé très fair-play les récentes remarques selon lesquelles nous étions une petite nation, dont l'affrontement avec l'Allemagne était comparé à celui de David et Goliath. Je veux quand même remercier celui qui a dit ça, car ça nous a permis de mieux jouer. En 1996, c'est nous qui étions rentrés à la maison, aujourd'hui, l'histoire a tourné. Cette victoire veut dire beaucoup pour tout le monde: les 22 joueurs évidemment, mais aussi pour tout ce petit pays qui brûle ce soir et fait la fête. Cette victoire prouve que ce ne sont pas toujours les grands qui gagnent."

Igor Stimac (Croatie): "Ce n'était pas une histoire de revanche, mais de qualité de jeu. Nous sommes très heureux d'avoir montré que nous pouvions gagner. Nous avons joué 30% mieux qu'eux. Cela prouve que les équipes de petits pays peuvent gagner, que ce n'est pas une question d'argent. Le football est un jeu, un sport dans lequel vous avez 90 minutes pour marquer des buts."

Juergen Kohler (stoppeur de l'équipe d'Allemagne): "Ce n'est pas nous qui avons perdu, c'est l'arbitre. L'exclusion était totalemnt injustifiée, j'étais encore derrière Woerns pour défendre sur Suker. Nous avons bien joué et nous avons eu des occasions en or. L'arbitre nous a fait perdre le match. Quand je vois la faute de Carlos contre le Danemark, je rigole. C'est toujours nous qui sommes punis."

Karl-Heinz Rummenigge (ancien international allemand): "Nous avons bien joué pendant 70 minutes. L'exclusion a tout changé. Tactiquement, c'était difficile, car nous avons été obligés d'ouvrir et nous nous sommes exposés aux contres. Mais, nous étions avertis, les Croates avaient déjà été un adversaire redoutable pour nous au Championnat d'Europe en 96."

Uwe Seeler (ancien international allemand): "Il aurait fallu égaliser et nous aurions pu renverser le cours du jeu. L'exclusion de Woerns, un des meilleurs joueurs du Mondial, a été un trop fort handicap. Il faut reconnaître qu'en fin de compte, la Croatie a mérité sa victoire. Des erreurs ont été commises, il faudra les analyser sereinement."

Guenter Netzer (ancien international allemand): "C'est l'addition pour la prestation allemande depuis le début du Mondial. Nous avons joué un football mécanique, sans inspiration, basé seulement sur le physique."


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