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Quarts de Finale
Les Italiens sous le choc de la défaite
ROME, 4 juillet, 1998 - (AP)

Dans une Italie dont le coeur bat au rythme de celui des ``tifosi'', la déception était immense samedi après l'élimination de la ``Squadra Azzurra'' en quart de finale du Mondial, contre les Tricolores.

Si les Anglais peuvent voir un signe de malédiction face à l'Argentine, symbolisé par la légendaire ``main de Dieu'' de Maradona en 1986, les Italiens auraient eux aussi tout lieu de se croire maudits à l'occasion des séances de tirs au but. A tel point que Candido Cannavo les a qualifiées d'''invention du diable'', samedi, dans La Gazzetta dello Sport. Pour, cependant, ajouter aussitôt: mais ``cette fois, notre droit à les détester est discutable''.

Les Italiens sont donc autant amers que réalistes sur les performances des hommes de Cesare Maldini face à l'équipe de France. Pour preuve, la ``une'' du quotidien sportif: ``La France est meilleure... Adieu 'Fort Italie'''.

``Satanés pénalties. Mais c'est aussi de notre faute'', a lui aussi titré en première page le Corriere Dello Sport, Mario Sconcerti résumant l'humeur de la plupart des Italiens en une ligne: ``Nous avons été très malchanceux, mais pas bons''.

A la différence de la plupart des pays, qui affichent des rêves de victoire au Mondial sans nécessairement y croire, les Italiens espèrent véritablement remporter le trophée à l'occasion de chaque Coupe du monde. Ils ont eu raison à trois reprises, mais plus depuis 1982.

Cette fois, les espoirs d'accéder aux demi-finales se sont envolés avec un tir au but de Luigi Di Biagio sur la tranversale, qui a permis aux Français de remporter la séance 4-3, après 120 minutes de match sans but. Il y a quatre ans, l'Italie avait perdu le titre face au Brésil, lorsque Roberto Baggio avait raté le dernier tir au but. Et, en 1990, l'Italie avait connu un sort similaire, en perdant contre l'Argentine lors de cette même séance des tirs au buts, après un match nul 1-1 en demi-finale.

Aussitôt le tir manqué de Di Biagio, les conversations ont tourné en Italie autour de la stratégie développée par le sélectionneur Cesare Maldini et ses joueurs.

Même si le retour de l'équipe à la maison ne devrait pas donner lieu à des jets de tomates -comme cela s'était produit en 1966 à l'aéroport de Milan après la défaite face à la Corée du Nord en Coupe du monde-, l'élimination de vendredi a porté un coup aux relations toujours fragiles entre les joueurs et les tifosi.

``Le fil rouge qui liait lentement les Italiens à l'équipe d'Italie s'est cassé'', a estimé Mario Sconcerti. ``Uniquement défendre et attendre la longue passe ou la contre-attaque sont des solutions trop fragiles dans la phase finale de la Coupe du monde. Et elles n'ont de valeur que si l'équipe gagne à la fin''.

Ce qui ne s'est malheureusement pas produit. Pour Nicola Ambrosini, patron du restaurant La Tavernelle à Rome, c'est la faute à ``pas de chance'' au moment des tirs au but. ``Cela tient tellement du hasard, c'est douloureux. Peut-être que s'ils avaient tenté de gagner avant les pénalties... Personne n'est heureux maintenant''.

1998-2002: l'attente douloureuse jusqu'à la prochaine Coupe du monde a déjà commencé.


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