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8ème Pays-Bas: Edgar Davids: le "pitbull" est devenu sage |
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TOULOUSE, 30 juin, 1998 - (AFP)
Edgar Davids, surnommé le "pitbull" en raison d'un visage et
d'une attitude de guerrier farouche, est enfin devenu sage. A 25 ans, cet enfant perturbé du
Surinam, arrivé en bas âge aux Pays-Bas, a compris que la rebellion ne lui apporterait pas la joie
et la reconnaissance sportive dont le gratifie aujourd'hui une conduite devenue irréprochable.
Muet depuis le début de la Coupe du monde, concentré sur un sujet exclusivement sportif qu'il ne
voulait à aucun prix gâcher par des frasques maladroites, le milieu de terrain de la Juventus de
Turin peut être fier de lui.
Le joueur aux "dreadlocks" gardera sans doute à jamais, dans un coin de son coeur, un souvenir
ému du Stadium de Toulouse. Son but libérateur inscrit dans les arrêts de jeu face à une
Yougoslavie qui avait oublié de jouer, lui a permis de s'assurer la gratitude de tout un peuple,
pourtant bien réticent à l'égard de ces émigrés surinamiens que l'on ne comprend pas toujours
très bien.
Heureux comme un gamin, Davids a enfin daigné sortir de son mutisme calculé lundi soir à
l'issue de la qualification en quarts de finale. "C'est un grand bonheur", lâchait-il en Italien aux
journalistes "non bataves".
"Cela efface en partie une saison dont je ne suis pas satisfait avec la Juventus de Turin",
poursuivait-il. "La défaite en finale de la Ligue des champions a été difficile à accepter".
Et le hasard faisant bien les choses, Edgar a pu prendre lundi une revanche éclatante sur Predrag
Mijatovic, l'attaquant yougoslave auteur du but du Real Madrid à Amsterdam. Davids et
Mijatovic ne s'étaient déjà guère faits de cadeaux. Mais le Néerlandais, chien fou devenu sage,
n'avait pas réagi aux provocations de son adversaire.
Sa réponse est venue de la plus belle des façons lundi soir, tandis que Mijatovic affirmait avoir
passé "la plus mauvaise soirée" de sa carrière avec l'élimination et surtout son penalty raté.
"Mais les Yougoslaves m'ont fait très peur", reconnaissait Davids beau joueur. "Pendant cinq
minutes ils ont pratiqué un jeu de très haut niveau et je dois être le joueur de mon équipe qui a le
plus douté à ce moment-là".
Qu'importe désormais, Edgar a retrouvé la grâce ainsi que la confiance d'un sélectionneur, Guus
Hiddink, qui l'avait prié de rentrer à la maison lors de l'Euro-96 en Angleterre pour lui avoir
manqué de respect par voie de presse.
Mais chut... Edgar n'abordera pas les sujets qui fâchent. Promis juré, on n'entendra plus le
"pitbull" aboyer. Jamais.
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