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8ème France-Paraguay: les Bleus au bout du suspense |
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LENS, 28 juin, 1998 - (AFP)
L'équipe de France a souffert mille maux pour vaincre le Paraguay (1-0),
dimanche après-midi à Lens.
Il a fallu attendre la 114e minute et un but de Laurent Blanc pour que les Français arrachent leur
qualification pour les quarts de finale où ils affronteront l'Italie, vendredi au Stade de France.
Dans l'ambiance surchauffée de Félix-Bollaert, les Bleus attaquaient la partie prudemment,
sachant qu'il faudra sans doute s'armer de patience pour forcer le verrou paraguayen. Au bout de
cinq minutes, ils ont déjà néanmoins obtenu deux corners, improductifs.
Mais les Sud-Américains, très combatifs, quadrillant bien le terrain, ne cédaient rien. Paredes et
Arce déclenchaient même deux excellents centre-tirs presque coup sur coup (8e et 10e). Il fallait
attendre la 15e minute pour voir les Français se créer leur première occasion par Trezeguet, dont
la frappe enroulée frôlait le poteau des buts de Chilavert. Aussitôt après, Diomède, alerté par
Djorkaeff, décochait un bon tir du gauche qui obligeait le gardien paraguayen à une superbe
parade.
Dans la foulée, une superbe action Deschamps-Petit-Djorkaeff échouait de très peu, le tir de 20
mètres de "l'Interiste" manquant le cadre pour quelques centimètres.
Henry sur le poteau
Comme prévu, l'équipe de France dominait, tentait de passer par les ailes, surtout celle occupée
par Diomède, mais en l'absence de son meneur de jeu Zinedine Zidane, elle ne parvenait pas à
déstabiliser le bloc défensif adverse, excellement organisé autour de Chilavert et Ayala. Pourtant,
elle croyait obtenir la récompense de ses efforts à la 37e minute sur une action amorcée par
Djorkaeff, très inspiré depuis le début de la partie, relayée par Petit, mais Diomède, en bonne
position, ratait son tir. Sur la contre-attaque, Benitez servait Cardozo, dont le tir était bien arrêté
par Barthez.
A peine remis de cette double émotion, les 42.000 spectateurs de Bollaert se levaient sur un tir
intérieur pied droit de Henry, bien lancé par Trezeguet, mais le ballon heurtait le poteau (39e).
Décidément, il était écrit que rien ne serait facile pour les Bleus face à des Paraguayens
accrocheurs en diable et qui entamaient la seconde période tambour battant.
Les Français reprenaient cependant rapidement le cours de leur domination, témoin cette tête de
Desailly, bien captée par l'impressionnant Chilavert (55e). Les Sud-Américains "sortaient"
néanmoins de plus en plus fréquemment et une tête plongeante de Gamarra frôlait le poteau de
Barthez (57e). Au fil des minutes, les duels se faisaient plus âpres.
Le public encourageait son équipe qui en avait bien besoin. D'autant qu'elle perdait le percutant
Henry, touché dans un choc (entorse cheville gauche) et qui devait céder sa place à Pires (65e). En
ces instants, les Bleus "flottaient" un peu et commettaient quelques imprécisions. Aimé Jacquet
remplaçait alors Petit, pourtant à son avantage, par Boghossian (70e).
La délivrance
Les Tricolores faisaient le siège du camp adverse, mais butaient régulièrement sur la muraille
paraguayenne. Le sélectionneur français lançait Guivarc'h dans la bataille et faisait sortir
Diomède (77e). Juste auparavant, un tir violent de Djorkaeff avait été détourné par un défenseur
paraguayen.
Presque aussitôt après, les Français croyaient toucher au bonheur, mais le tir de Trezeguet passait
au ras du poteau. Les Paraguayens, admirables combattants, pliaient, mais ne rompaient toujours
pas. Comme sur cette nouvelle action de Djorkaeff, contré in extremis (82e) ou ce tir de 20
mètres de Pires (85e). Il y avait toujours un dos, une jambe ou une tête paraguayennes pour
repousser les tentatives françaises.
La prolongation, si dangereuse avec la règle du "but en or", si éprouvante aussi pour les nerfs,
allait-elle départager les deux adversaires ? Un bon tir croisé d'Acuna faisait frissonner les
supporteurs français (93e). Puis un coup franc de Djorkaeff, détourné, manquait de très peu la
cible (100e).
La peur envahissait progressivement Bollaert. Un tir de Pires contraignait l'impeccable Chilavert
à une nouvelle parade (109e). Un nouveau tir de Guivarc'h était contré (112e). La délivrance
arrivait, enfin, par Laurent Blanc qui marquait d'un tir croisé du pied droit à la 114e minute. Sur
l'action amorcée par Pires, Trezeguet avait habilement remisé de la tête pour le joueur de l'OM.
Laurent Blanc inscrivait ainsi son 14e but pour sa 72e sélection. Un but vraiment en or. Le grand
Laurent croulait sous ses coéquipiers accourus des quatre coins du terrain. Le public pouvait
chanter sa joie. Mais Dieu, que cela avait été dur !
8ème France-Paraguay: Déclarations
Cesare Maldini (sélectionneur de l'équipe d'Italie): "L'Italie jouera contre une sélection qu'elle connaît bien, puisque la plupart de ses
éléments jouent dans notre Championnat. On pourrait même dire que c'est une sélection du
Championnat d'Italie renforcée par quelques étrangers. Outre la qualité de l'adversaire, nous
devrons surmonter les difficultés de jouer contre le pays-organisateur, de plus dans le Stade de
France. La France disposant de joueurs très forts sur les côtés, notamment Thuram, je serai
probablement obligé d'apporter des modifications à mon équipe."
Fabio Cannavaro (défenseur italien): "Entre joueurs italiens et français, nous nous connaissons
bien et nous avons un grand respect réciproque. Le match sera évidemment difficile, mais nous le
savions depuis le tirage au sort. Espérons que nous aurons la chance de marquer les premiers..."
Francesco Moriero (milieu de terrain italien): "Je n'ai pas apprécié que le speaker du stade à
Marseille eut généralisé entre nos supporteurs et les hooligans. Peut-être que les Français, qui
nous craignent, ont voulu commencer à mettre la pression en prévision de ce match. A Marseille,
on nous a également sifflés. Mais, on sait jouer au football. On va le montrer vendredi."
Alessandro Costacurta (défenseur italien): "Je crois qu'il ne faut pas polémiquer sur cette annonce
(du speaker). En tant qu'Italien, j'ai toujours été bien accueilli et il y a du respect entre les joueurs
des deux pays. J'entretiens d'ailleurs les meilleurs rapports avec Marcel Desailly."
Gianluca Pagliuca (gardien de but italien): "Nous avons jusqu'à présent dépensé beaucoup
d'énergie. Mais nous aurons sur notre adversaire l'avantage d'une journée de repos
supplémentaire."
Laurent Blanc (défenseur français, auteur du but): "Je m'étais promis de
marquer un but en Coupe du monde, je l'avais promis aussi à mon fils. C'est une joie immense,
sans doute un des buts les plus importants de ma carrière, car il nous permet de passer, et
dorénavant je ne critiquerai plus le principe du +but en or+, qui nous a été favorable aujourd'hui.
Quand on marque, on est ailleurs, et je me suis aperçu plus tard que, sur ce but, je n'avais même
pas remercié David (Trezeguet), qui me fait une remise superbe. Je lui dis merci, un peu tard. Les
Paraguayens attendaient les tirs au but, nous avons réussi à passer, après avoir longtemps buté sur
un mur, mais la persévérance a payé. Nous avons douté, dans ce match, parce qu'à la fin il nous
est arrivé d'être limite, parfois à trois contre trois. Contre l'Italie, ce sera un autre match, et je ne
suis pas persuadé que ce sera plus dur contre les Italiens que cet après-midi, encore que les
Italiens jouent un peu de la même façon que le Paraguay, mais avec Vieri et Del Piero en plus.
Pour l'instant, il nous faut bien récupérer, car nous en avons besoin, et ne pas se poser de
questions, ne penser qu'au prochain match."
Alain Boghossian (milieu de terrain français): "Nous avons eu le but en or
en notre faveur mais j'espère ne plus revivre pareille expérience. En définitive, ce but sonne
comme une délivrance. Nous voulions vraiment cette victoire et nous sommes allés la chercher au
plus profond de nous-mêmes. En quarts de finale, nous aurons une partie très difficile face à
l'Italie. Il s'agit maintenant de récupérer car nous avons laissé beaucoup de force, physique et
mentale."
Robert Pires (attaquant français): "Cette victoire équivaut à un grand bonheur. Quand tu vois le
ballon au fond des filets tu sais que c'est fini. Je me suis mieux senti que face au Danemark. Je
n'aime peut-être que ces matches à haute tension avec une sanction immédiate. Après le
Danemark, j'avais une revanche à prendre et, tout au long de la semaine, je m'étais bien senti aux
entraînements. Contre l'Italie, nous serons prêts sur le plan psychologique et physique."
Stéphane Guicharc'h (attaquant français): Nous avons affronté une équipe très bien organisée,
avec des défenseurs axiaux de grande valeur. Il y avait toujours une jambe ou une tête pour
s'opposer à nos tentatives. Cette victoire récompense notre mental et prouve que nous avons des
ressources."
Emmanuel Petit (milieu de terrain français): "J'ai préféré sortir car j'ai ressenti une douleur à une
cuisse. Il y a eu un non-match des Paraguayens. Ils n'ont jamais eu la volonté de pratiquer un
football offensif. Ils attendaient les tirs au but. Nous avons eu trois ou quatre occasions qui
auraient pu changer la physionomie de la rencontre et forcer les Paraguayens à se livrer. Mais la
victoire est là, c'est l'essentiel."
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