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8ème: Mexique: Jesus attend son heure... |
PARIS, 28 juin, 1998 - (AFP)
Trois fois depuis le début du Mondial, le milieu de terrain mexicain Jesus "cabrito" Arellano a dû attendre la 46e minute pour entrer en jeu,
dans une équipe menée 1-0 ou 2-0. Trois fois, les Mexicains sont revenus au score, et ce n'est peut-être pas une coïncidence.
Contre la Corée du Sud, la Belgique et les Pays-Bas, Jesus n'était pas titulaire au coup d'envoi. "Lapuente ne l'alignait pas en début de match, parce qu'il manquait
encore de confiance", explique un de ses principaux supporteurs, l'ancien international Hugo Sanchez.
Jesus, 25 ans, est arrivé au Mondial avec seulement quatre sélections à son actif, dont trois sous l'ère Bora Milutinovic, remplacé depuis par Manuel Lapuente. Sa
première cape remonte au 7 février 1996 avec une défaite 2-1 contre le Chili. Début juin, il s'attendait vraiment à passer un mois sur le banc de touche.
"J'ai suggéré à Lapuente de faire jouer Ricardo Pelaez en pointe, avec deux hommes pour lui fournir des ballons, dont un pourrait être Arellano", confie Sanchez,
désormais commentateur pour la très influente chaîne mexicaine Televisa. On ne saura jamais si c'est bien Sanchez qui a donné l'idée à Lapuente, mais le résultat est là.
"C'est un diable"
Pour faire remonter le score au tableau d'affichage, rien de tel que Jesus Arellano, 1,75 m pour 69 kg, surnommé "cabrito", le chevreau. Peu intéressé par les tâches
défensives, Jesus préfère faire tourner la tête des défenseurs adverses et s'enfoncer sur le côté gauche pour envoyer des ballons brûlants à Pelaez et Luis Hernandez.
"C'est un diable, il fait des choses insensées", résumait jeudi soir un journaliste néerlandais, en se demandant pourquoi Lapuente ne l'avait pas aligné dès le coup
d'envoi. Dans le coup des deux buts, comme contre la Belgique, Jesus venait, une fois de plus, grâce à ses dribbles déroutants et ses ouvertures lumineuses, de participer
activement à la remontée aztèque.
Né dans une famille modeste de Monterrey, une cité industrielle au nord du Mexique, Jesus a commencé sa carrière professionnelle en 1993 dans l'équipe locale des
"Rayados" de Monterrey. En 1995, avec les moins de 23 ans mexicains, il est allé chercher la médaille d'argent des Jeux panaméricains, en Argentine, à Mar del Plata.
En 1998, il a signé pour les populaires "Chivas" de Guadalajara.
Humble, Jesus ne se répand pas en confidences après les matches, respectant ainsi à la lettre les consignes de Lapuente: "Je suis content, l'entraîneur m'a fait jouer et tout
s'est bien passé". Remplaçant discret, mais redoutablement efficace, il sait qu'il peut compter sur Hugo Sanchez pour défendre son dossier.
"Jesus a gagné sa place, il mérite de jouer contre l'Allemagne", dit Sanchez. Si Lapuente écoute Sanchez, Jesus "Cabrito" Arellano sera sur le terrain dès le coup d'envoi,
lundi à Montpellier, pour forcer le destin du Mexique.
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