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Danemark: Brian Laudrup: un artiste au pays des "vikings"
TOULON, 27 juin, 1998 - (AFP)

Brian Laudrup est un artiste. Un joueur à la technique supérieure dont le jeu d'attaque tout en esquives, déviations et frappes soudaines fait le bonheur d'une équipe du Danemark au jeu souvent stéréotypé.

Comme sut si bien le faire son frère Mickael, son aîné de cinq ans et actuel capitaine d'une équipe nationale à laquelle il a tant donné, Brian éclaire aujourd'hui le jeu d'attaque de la sélection "rouge et blanc", avec laquelle il fut couronné champion d'Europe des Nations en 1992 en Suède, à la surprise générale.

Cette année-là, Mickaël ne fut pas de la fête pour s'être de lui-même privé un temps des joies internationales, ce qu'il doit amèrement regretter avec le recul.

Au Danemark, les frères Laudrup sont des idoles. Des exemples pour les jeunes footballeurs qui s'inspirent de la science du dribble de leurs deux guides.

Avec le temps, toutefois, Brian a fini par supplanter Mickaël, contraint d'occuper un poste plus reculé en raison d'une vivacité mise à mal par une carrière longue et riche, dont son visage, d'ailleurs, porte aujourd'hui quelques stigmates.

Né le 22 février 1969, Brian Laudrup (1,86 m, 72 kg) compte 78 sélections en équipe nationale, avec laquelle il a inscrit 19 buts. A 29 ans, au terme d'une Coupe du monde dont il espère tant, il repartira pour un nouveau défi sous les couleurs de Chelsea (D1 anglaise) la saison prochaine, après une expérience écossaise aux Glasgow Rangers.

De très loin le meilleur de son équipe lors des deux premiers matches contre l'Arabie saoudite (1-0) et l'Afrique du Sud (1-1), un peu plus discret ensuite face à la France (1-2) et un Marcel Desailly (son futur coéquipier à Chelsea) impressionnant, Brian Laudrup a effectué deux passes décisives sur les trois buts de sa formation.

Face au Nigeria, dimanche au stade de France, en huitièmes de finale, il portera une nouvelle fois toutes les espérances d'un peuple se prenant à rêver en un nouvel exploit.

Brian, cependant, reste très lucide et sait combien le match contre les Africains s'annonce difficile. "Les Nigérians viennent pratiquement tous de grands clubs européens", constate-t-il presque à regret. "On les connaît parfaitement bien. Cette équipe a prouvé depuis le début du Mondial qu'elle était l'une des meilleures au monde".

Mais le N.11 danois apprécie le statut d'outsider: "Si on arrive à profiter des occasions de contres qui nous seront offertes, il n'y a pas de raisons que l'on ne crée pas une nouvelle surprise. Ce serait fabuleux".


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