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| Je te tiens, tu me tiens par... la chemisette: le
nouveau jeu à la mode |
PARIS, 1er juillet, 1998 - (AFP)
Utile pour se distinguer de l'adversaire, élégant pour se faire remarquer,
confortable pour être bien, le maillot de football doit être en plus aujourd'hui solide. Très solide,
car le tirage de maillot est devenu un geste à la mode depuis le début de la Coupe du monde.
Je te tiens, tu me tiens par... la chemisette semble être le jeu préféré des joueurs lors de ce
Mondial.
Par les manches, par les côtés, et surtout par derrière, le maillot est soumis à rude épreuve durant
quatre-vingt-dix minutes, voire plus. Le plus souvent par les défenseurs, mais également par les
milieux de terrain ou les attaquants. Enfin, tout le monde... Et ce d'autant plus que les maillots
sont portés larges aujourd'hui. Avant ils étaient près du corps, plus difficiles à attraper.
Pour les arbitres, il n'est pas toujours aisé de sanctionner cette faute. Car certains joueurs sont des
spécialistes. Pas vus pas pris. Enfin pas toujours, heureusement d'ailleurs. N'est-ce pas Junior
Baino, le défenseur brésilien coupable d'un joli tirage de maillot par derrière sur le Norvégien
Tore Andre Flo et sanctionné fort logiquement d'un penalty par l'arbitre américain Esfandiar
Baharmast...
"De plus en plus, les joueurs se laissent aller à faire ce geste. Ils ont l'impression de commettre
une faute moins grave, car le risque de blessure est faible et parce qu'ils ne risquent pas de carton
rouge", regrette Michel Vautrot, ancien arbitre international, membre de la commission
d'arbitrage de la Fédération internationale.
"Un fléau"
"C'est un véritable fléau du football moderne. Il y a des joueurs qui sont passés maîtres dans l'art
du tirage de maillot", déplore M. Vautrot.
Si ce geste a toujours existé, il est devenu à la mode à l'occasion de cette Coupe du monde. Pour
ce Mondial, les arbitres ont eu des consignes de sévérité, notamment concernant le tacle par
derrière, geste prohibé et sanctionné par l'exclusion du coupable. Il a donc bien fallu remplacer
cette arme désormais interdite par une autre. Alors, les joueurs multiplient les tirages de maillot.
"Depuis le début du Mondial, beaucoup de fautes de ce type sont en effet commises, notamment
dans la surface de réparation à l'occasion des coups de pied arrêtés. Nous en avons tous
conscience", reconnaît Laurent Blanc. "Je suis favorable à une sévérité accrue de l'arbitrage, à
condition que cela serve le football", a ajouté le défenseur français.
"En tant qu'attaquant, je subis souvent de genre d'inconvénients. Cela fait certes partie du jeu,
mais la sanction me paraît nécessaire s'il y vraiment volonté de retenir un adversaire", a indiqué
pour sa part l'Italien Christian Vieri, meilleur marqueur du Mondial avec cinq buts.
Mais le maillot ne suffit pas toujours, le short est également mis à contribution. A quand le tirage
de chaussette...
Par Didier BEYNAC
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